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le prix de la vie ?
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Amateur de généalogie et comme tout le monde le sait, bon nombre d'enfants d'une famille n'atteignaient pas l'âge adulte.
Pour ces familles frappées plusieurs fois par des deuils d'enfants, quel pouvait être la perception de la vie : une suite de malheur et de douleur ( n'oublions pas les terribles souffrances physiques qu'ils devaient endurer suite à la maladie ou aux blessures dont certaines devaient évoluer en gangrène) ?
A côtoyer ainsi la mort, pouvait-on sacriliser la vie et y donner autant de prix que nous le faisons aujourd'hui ? |
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Re:le prix de la vie ?
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C'est le temps de la mort apprivoisée, elle fait partie du paysage normal de la vie de ces époques. Mourir d'une crise cardiaque est considéré comme une très mauvaise mort, car elle ne respecte pas les cérémoniaux de la mort lente en public. Les morts étaient veillés et tout le village venait rendre ses hommages au défunt, loin de la mort anonyme et hospitalière (du mot hopital) que nous avons aujourd'hui.
La mort des enfants en bas age est fréquente et ne provoque pas de grand chagrin. Montaigne lui-même l'écrit dans ses "Essais".
La vie n'était pas sacralisée, elle était un passage pour un monde meilleur. C'est depuis que l'homme ne croit plus en Dieu qu'il a sacralisé la vie. Il est devenu un dieu lui-même et par là, toute mort est devenue scandaleuse puis qu'elle atteint notre divin.
Bon, je m'égare un peu. Un ouvrage à lire absolument si l'on s'intéresse aux évolutions du sens humain face à la mort: L'Homme devant la mort de Philippe Ariès au Seuil 1975.
Un livre passionnant, à lire et relire, et peur-être à méditer. |
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à JM Labat
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Réponse très intéressante et merci pour le livre signalé.
Les registres paroissiaux montrent que les obsèques avaient lieu la plupart le jour du décès, ce qui contredit un peu la veillée et les visites.
J'ai retouvé un doc de 1780, où l'archevêque demandait à ses curés de procéder à l'enterrement en attendant au moins 24 heures après le décès et plus lorsqu'il s'agissait de mort subite, la hantise d'être enterré vivant certainement.
Bien cordialement |
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Re:le prix de la vie ?
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Il est évident que les coutumes d'inhumation varient suivant les régions. L'enterrement est plus rapide au sud qu'au nord, et peut-être même l'été que l'hiver pour des raisons évidentes.
La peur d'être enterré vivant commence vers la fin du XVIIème siècle, atteint son paroxysme au XVIIIème pour se terminer dans les années 20 du XIXème. On la retrouve dans beaucoup de testaments de cette époque où le défunt demande que l'on s'assure de la réalité de son trépas. |
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Re:le prix de la vie ?
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Pendant la peste de 1721-1722 en Provence, la rumeur courait que les "corbeaux" avaient jeté dans les fosses communes des mourants.
Dans certaines fosses communes de Marseille mais aussi de Montpellier (peste de 16.. ?) on a retrouvé des épingles plantées sous l'ongle du gros orteil pour s'assurer du décés effectif.
Cette crainte, est-elle la conséquence de cette rumeur qui parait crédible car les corbeaux n'étaient pas des tendres. |
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