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Rennes le Château, un mystère ?
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Rennes le Château, un mystère ?
Comme Pélagie évoque en le mystère de Rennes le Château en raison de la sortie d’un film, je rappelle sur ce site que voici plus de 25 ans, j’avais effectué une enquète sur le meurte de l'abbé GELIS, curé d'un petit village de l'Aude en 1897; un épisode sanglant et fameux du « mystère » de Rennes le Château...
Cette histoire fut montée en épingle par certains... je profite du nouvel intérêt porté à cette histoire pour publier sur ce site les résultats de cette enquète
Voici le texte intégral recopié ci-dessous
UN SIMPLE CRIME
1 Quelques lignes dans un journal local :
« Le petit village de Coustaussa situé à 3 kilomètres de Couiza a été dans la nuit de dimanche à lundi [1] le théâtre d’un crime épouvantable… …Monsieur Antoine GELIS, curé de la commune [2], a été retrouvé le matin assassiné dans sa cuisine avec un gros marteau ou un bâton…
… des tâches de sang se voient sur les meubles, les murs et le plafond, lui même ( sic ).
… le parquet de Limoux et la gendarmerie de Couiza et Saint-Hilaire ont procédés aux premières constatations…
… d’une première enquête, il semble que le crime doit être attribué à deux chemineaux que l’on a vu dimanche roder dans le pays et paraissant âgé de 55 ans pour l’un et de 45 ans pour l’autre. Les malfaiteurs auraient pénétrés dans le presbytère pour voler 2 ciboires et quelque argent…
Selon d’autres sources, aucun vol n’aurait été commis…
A l’heure qu’il est aucune arrestation n’a été opéré. Les gendarmes de Perpignan cernent la frontière… »
Voilà comment les habitants de Limoux et plus tard ceux de Carcassonne ont appris le meurtre de l’abbé Gélis en lisant le « Courrier de l’Aude » [3]
D’aucuns ne pouvaient douter que ce crime somme toute banal et d’apparence crapuleuse allait défrayer la chronique et qu’il serait encore évoquer plus de cent ans plus tard dans ce que les amateurs de mystère ont considéré comme l’épisode macabre de « l’énigme de Rennes le Château » qui relate la vie de trois braves curés de campagne dans le département de l’Aude à la fin du XIXème siécle ; le premier et le plus connu est l’abbé SAUNIERE [4], curé de la paroisse de Rennes le Château, le second est l’abbé BOUDET [5], curé de la paroisse de Rennes les bains et le troisième le plus âgé est l’abbé GELIS, la victime de ce crime sanguinaire.
2 Les constations d’usage :
En fouillant dans les archives départementales de l’Hérault et de l’Aude, on apprend que l’enquête commence dés le 2 novembre 1897 et qu’elle est menée par le juge de paix PUGENS. Il confie les premiers éléments dont le rapport des constations d’usage ( examen très minutieux, à la Rouletabille [6] ) à Monsieur Raymond JEAN juge d’instruction à Limoux et au parquet de l’Aude…
Voici la copie exacte du début du constat telle qu’elle a été recopiée par le greffier du juge d’instruction [7] :
« La victime a été assassinée dans la cuisine du presbytère au rez-de-chaussée à gauche du couloir qui mène au premier étage. L’abbé était normalement habillé : soutane, chaussons à sabots, cache-nez noir et grecque [8] sur la tête.
Il a reçu quelqu’un à une heure indéterminée de la nuit. Sa montre arrêtée, mais cela ne prouve rien, indique 12H15 [9].
La cuisine a une cheminée au bord de laquelle le prêtre s’est assis dans un de ces fauteuils languedociens. L’assassin, comme au cours d’une conversation s’approche du prêtre, se glisse dans le dos du fauteuil et du grand paravent qui le borde. Et brusquement, sauvagement frappé avec les pincettes à feu sur la tête à gauche par derrière, plusieurs fois du sang gicle sur les mains de Gélis crispés sur les bras du fauteuil [10]
Le malheureux vieillard a la force de se lever, de contourner une table entre lui et la fenêtre de la rue.
Là est le salut, mais l’assassin le poursuit cette fois avec une hachette et l’achève.
Il y a du sang partout jusqu’au plafond, le crime est apparemment bestial, irréfléchi pourtant cet acte ne semble pas avoir été commis par un fou irréfléchi.
Les précautions prises démontrent une présence d’esprit incroyable. La cuisine après un tel saccage est retrouvée dans un ordre parfait. Aucun meuble n’est renversé, le meurtrier a su éviter 3 grandes flaques de sang [11]. Aucune trace à l’extérieur.
A l’étage, dans la chambre de l’abbé, deux gouttelettes de sang minuscules attestent du passage de l’assassin qui a laissé sans la moindre empreinte sanglante, force la serrure d’un sac de voyage qui contient divers papiers et documents appartenant au prêtre.
L’assassin a ouvert le sac, non pour la voler, mais pour y chercher quelque chose. Dans le bureau du prêtre on retrouve 683 FF en or et en billet. Dans sa commode 106,90 F : le bonni de l’année 1897 comme le carnet de compte le démontre… »
Pour résumer la fin de ce rapport, le juge fera deux autres constations qui feront couler beaucoup d’encre par la suite : le cadavre a été rangé vers le centre de la pièce sur le dos, la tête et la figure dans une position normale, les mains ramenées sur la poitrine comme un gisant. Le lit du prêtre est défait [12]
Pour la deuxième constatation, reprenons le texte du rapport :
« Dans ce drame sanglant commis sans motif apparent, nous n’avons qu’un « témoin muet » : alors que l’abbé GELIS ne fume pas et déteste les fumeurs, flotte dans la deuxième flaque de sang, celle de l’hallali près de la fenêtre un carnet entier de papier à cigarette de marque « le Tzar » presque intact, sur l’une des feuilles auquelle (sic) une main peu habituée a écrire a tracé au crayon « Viva Angelina »
3 Le juge mène l’enquête :
Les archives annexes de la Bibliothèque Nationale de Versailles nous permettent de connaître un peu mieux le déroulement de l’enquête menée par le juge JEAN. Pour les plus pressés, on peut découvrir le compte rendu partiel de cette enquête dans un article paru dans trois éditions successives du Midi Libre ( 4, 5 et 7 octobre 1975 ) effectué Par Julien COUDY [13], historien et Maurice NOGUE, spécialiste des monnaies anciennes…
Dés les premiers jours, la rumeur accuse Joseph PAGES époux de Françoise la nièce de L’abbé GELIS. Il a un mobile puisque son épouse doit hériter de son oncle mais elle n’est pas la seule. Moment crucial de l’enquête, Joseph PAGES sera mis sous mandat de dépôt le 13 avril 1898, soit presque 6 mois après la découverte du cadavre… Que s’est il donc passé durant toute cette période pour que le juge procède à cette arrestation ?
Il faut savoir que l’abbé GELIS a laissé trois héritiers : une nièce, Françoise PAGES [14], donc, mariée avec Joseph viticulteur à Coustaussa, voisin immédiat, et deux neveux Maurice Malot, abbé, lui aussi à Grézes [15] et un autre dont le nom n’est pas indiqué mais qui partit en 1867 en Amérique comme émigrant [16]
L’abbé GELIS s’apprêtait à prendre sa retraite chez son neveu ecclésiastique, la famille PAGES ne pouvait elle craindre que cela n’aboutit à un témoin qu’en faveur de cet autre neveu ?
On sait grâce au dossier d’instruction que l’abbé GELIS a prêté 100 FF en mai 1897 à Joseph PAGES, le carnet de compte en fait foi mais il lui a refuser quelque temps plus tard de lui prêter 50 FF pour acheter une chèvre. Les deux hommes, pourtant proche géographiquement ne se voit pas souvent et ne s’estime pas. Le prêtre est méfiant et plutôt misanthrope, le viticulteur, lui connaît de sérieuses difficultés financières [17] et voudrait s’en sortir en diversifiant son activité agricole.
Joseph PAGES a emprunté 2000 FF à une riche veuve, Madame JAFFUS [18] par l’intermédiaire d’un banquier de Limoux à échéance du 1er Novembre 1897, le jour du meurtre de l’abbé.
Dés qu’on lui donne cette information, le juge s’intéresse de très près au neveu dont le mobile devient extrêmement fort, car si celui ne pouvait pas rembourser la veuve, il a pu rendre visite à son oncle pour implorer un nouveau prêt et la conversation aurait pu s’envenimer… Le juge interroge l’agriculteur sur son alibi.
Le juge rend visite à Monsieur PAGES pour l’interroger sur son alibi et celui-ci lui explique que l’après-midi du crime, il s’était rendu chez son fils en compagnie de sa femme à Luc sur Aude [19] pour assister à l’accouchement de sa bru. En cours de route, son épouse Françoise fait un malaise, ce qui le retarde pour arriver chez son fils. A peine arrivé, il est obligé de repartir pour son domicile pour aller chercher du linge. Il aurait rencontré son oncle par alliance devant le presbytère [20] auquel il aurait donné quelques nouvelles de sa nièce Françoise. Puis après être passé chez lui, il serait immédiatement reparti pour Luc Sur Aude et serait arrivé vers 21h00 pour ensuite passer la nuit chez son fils.
L’alibi entièrement couvert par le temoignage de la famille semble bien faible pour le Juge JEAN.
Le 14 décembre 1897, le parquet général de Montpellier communique au juge une lettre qui indique qu’il faut s’étonner du fait que Joseph PAGES soit toujours en liberté. [21]
Le 31 décembre 1897, un propriétaire de Coustaussa dont l’identité n’a pas été révélé [22] âgé de 37 ans fait, à sa demande, une déclaration au juge d’instruction. Il indique que Joseph PAGES est bien rentré chez lui le soir du crime mais qu’il a gardé ses volets fermés, qu’il n’a pas « fait de lumière », ni de feu pour « faire croire qu’il n’y avait personne mais qu’il n’est absolument pas ressorti avant que ce témoin ne se couche, soit vers minuit, environ…
Le 22 février 1898, un enfant de Coustaussa trouve une hachette dans un pré et la donne à son père. Ce paysan la remet au juge qui demande à Joseph PAGES si cette hachette lui appartient mais celui-ci nie farouchement bien qu’il reconnaisse avoir perdu une hachette identique… Or après vérification, cette hachette s’avère être probablement l’arme du crime, les cicatrices semblant correspondre au tranchant de la lame mais on ne peut pas prouver que celle-ci lui ait appartenu.
Le 4 avril 1898, le juge JEAN rend visite chez une vieille dame malade et dont les jours sont comptés, Sa maison se situe sur le chemin qui mène de la ferme de Joseph PAGES au presbytère du curé assassiné. Elle atteste sur son lit qu’elle a vu Le neveu se rendre chez GELIS vers 22H00 ce qui contedit quelque peu le témoignage du voisin de PAGES qui lui attestait que l’homme s’était enfermé chez lui et qu’il n’était pas sorti avant minuit.
Le village semble s’être ligué contre les PAGES, les rumeurs circulent et les témoignages, malgré les contradictions semblent enfoncer un peu plus le viticulteur.
Tout naturellement, le juge Raymond JEAN fait écrouer Joseph PAGES ce fameux 13 avril 1898 et l’inculpe pour meutre. Celui-ci choisit Maitre ALBA pour le défendre ; cet avocat a la réputation de ne pas être bon marché [23]. Le 10 juillet 1898 alors que PAGES croupit en prison depuis 3 mois, le dossier part pour la chambre de mise en accusation de Montpellier.
Ce pendant, coup de théâtre qui pourtant n’étonnera pas forcement le juge d’instruction, cette cour rend son jugement : un arrêt de non-lieu : à la grande satisfaction de sa famille, Joseph PAGES est libre et peut retourner chez lui sous le regard aigri de certains de ses voisins…
Qu’est ce qui a poussé le tribunal de Montpellier à rendre un pareil verdict ?
4 : Le verdict du Tribunal de Montpellier :
En fait les témoignages des deux principaux témoins, comme nous l’avons compris en lisant le dossier, se contredisent furieusement et les juges ont vraiment l’impression qu’une partie du village se ligue contre l’accusé.
Aucune preuve matérielle ne rend « évidente » la présence de Joseph PAGES dans la maison de son oncle. Le papier à cigarette trouvé sur le sol du presbytère avec les mots « Viva Angélina »[24] de marque « Le Tzar » n’est pas le papier à cigarettes habituels de Joseph et on n’en trouve pas ( ou plus ) dans la région. De plus il n’y aucun indice permettant de confirmer la présence du neveu chez son oncle ce soir là et aucun objet de valeur ou document appartenant à l’abbé GELIS n’ont été retrouvés chez lui : les juges de Montpellier ne pouvaient que conclure leur verdict par un non-lieu…
De plus, l’autopsie du prêtre n’apporte aucun élément nouveau en ce qui concerne une éventuelle preuve de la culpabilité de Joseph. Par contre on est à peu près sur que le prêtre est mort entre 4 et 5 heures du matin.. ! Grâce au travail du légiste, on est sur que l’abbé prit son dernier repas vers 11 heures du soir et qu’il fut tué plus de trois heures après le début de la digestion…
On sait également qu’il devait certainement recevoir un visiteur de façon discrète puisqu’il avait retiré la ficelle pour éviter que celle ne sonne en pleine nuit : ce fait fut observé par le facteur le matin même, soit cinq ou six heures après le crime… ( Il ne l’aurait certainement pas retirer cette ficelle pour recevoir son neveu qu’il n’attendait d’ailleurs pas et son neveu n’aurait aucune raison de le faire si c’est lui qui avait commis ce crime )
5 : les éléments du dossier d’instruction
Selon le témoignage de madame PAGES, nièce du de GELIS, un inconnu est venu rendre visite à son oncle le 18 octobre 1897, soit treize jours avant le meurtre mais elle n’a pas pu l’identifier. Gélis ayant tout fait pour qu’elle ne voit pas on visage. Cet homme fumait en présence du curé alors que celui-ci ne supportait pas le tabac. Interrogé un peu plus tard sur cette visite par sa nièce, le curé refusa de répondre. Mais ce témoignage, confirmé, un peu plus tard par Maurice MALOT, l’autre neveu de GELIS est il crédible et ne servait il pas à brouiller un peu les cartes ?
Selon le rapport du juge d’instruction, le mobile du crime ne fut pas le vol… Mais comment en être aussi sur ? On a retrouvé de l’argent chez le curé mais rien indique que GELIS n’avait pas plus d’argent et que l’assassin n’était pas venu chercher une somme spécifique cachée quelque part [25]
Fut-il possible qu’il y ait eu plus d’argent que celui qui fut découvert après le crime ? L’abbé GELIS ne semble avoir jamais fait de prêt avec intérêt. Il toucha quelques fermages, mais rien de bien important. Il percevait, en tant que curé « concordaire »[26] une somme de 900F par an. D’après ses comptes l’abbé, durant la période 1895/1897, vivait avec 700 F par an [27]. Et là il y a quelque chose qui ne va pas…
Selon, son « collègue » le curé-doyen de Trèbes, GELIS [28] lui remettait depuis 3 ans un peu plus de 1000 F par an à placer pour lui en obligation de chemins de fer ( encore privés à l’époque ). Le dernier montant de 1200 F fut versé le 24 septembre 1897 [29] aux mêmes fins en lui demandant de ne jamais rien écrire à ce sujet… Vérification faite, l’abbé GELIS possédait donc plus de 3500 F en obligations [30]… D’où venait cet argent ?
Le 4 novembre 1897, le juge trouva un billet ( épinglé sur son carnet ) de l’abbé qui révèle qu’il y aurait une somme de 13000 F [31] caché dans la maison sous forme de pièces d’or mais au contraire de ce qui a été déclaré plus tard, tout n'a pas été retrouvé.
Contre toute attente, le vol fut donc bien le mobile du crime
L’assassin aurait-il pu aussi chercher des documents, mais lesquels ? Le testament ? Pas forcement celui-ci a été retrouvé assez facilement. Soit l’assassin ne l’a pas trouvé, soit cela ne l’intéressait pas, mais là on ne peut en tirer aucune conclusion.
Ce qu’on sait c’est que ce fameux papier à cigarette trouvé dans la cuisine est très rare ( cela ne prouve rien, une fois de plus ) et que le prénom Angélina ne correspond à aucune piste locale ( sauf que c’est le prénom « professionnel » d’une prostituée de Narbonne ). Interrogée par la police, celle-ci déclarera qu’elle ne connaissait ni Joseph PAGES, ni Antoine GELIS, mais est ce que cette déclaration fut sincère ? )
De toute façon, pour revenir au testament, celui-ci ne valait pas grand chose car il n’atteste pas du véritable montant du patrimoine caché de l’Abbé GELIS…
6 Le retour de l’Abbé SAUNIERE :
En fait le curé de Coustaussa, Jean-Antoine GELIS est un ours solitaire qui supporte assez mal ses paroissiens majoritairement républicains et anticléricaux et qui accepte tout juste les quelques bigotes de son village à chaque messe… Il ne s’entend bien, on l’a déjà bien compris qu’avec ses collègues : son neveu, prêtre comme lui chez qui il devait se retirer si le crime n’avait pas mis fin à cette intention et puis avec le curé doyen de Trèbes à qui, il n’hésite à confier une mission sacrée aux yeux de Gélis : placer une partie de ses revenus.
Comment dans ce cas là, n’aurait il pas pu faire confiance et se sentir intimement liés à ses collègues les plus proches, j’ai nommé les abbé BOUDET et SAUNIERE respectivement curés des villages de Rennes les Bains et de Rennes le Château ?
Pour comprendre la suite des évènements il est important de comprendre l’époque :
La décennie 1890/1900, celle de l’assassinat de l’abbé GELIS, c’est la « grande décennie », le monde bouge : c’est l’apparition du cinéma, de l’automobile, des Jeux olympiques mais c’est aussi l’époque du scandale de Panama et de l’encyclique « Rerum Novarum »[32].
GELIS est un homme du passé, il est né en 1827, sous Charles X ! BOUDET est lui, né 10 ans plus tard, quant à SAUNIERE le plus jeune il est né 25 ans après Gélis : c’est une génération entière qui sépare les deux hommes… Et lorsque SAUNIERE arrivera à Rennes le Château ( il a à peine 33 ans ), GELIS exerce son ministère dans la région [33] depuis justement 33 ans.
GELIS, sa région, justement, [34] il la connaît comme sa poche, il en a parcouru les chemins les plus rocailleux et a fatalement fait des découvertes les plus surprenantes. L’abbé Béranger arrive comme un cheveu sur la soupe et ne doit son arrivée à Rennes le Château que comme une mesure de rétorsion à son égard. [35]
GELIS et BOUDET arrivés avant lui, c’est à dire durant la période ou la République n’était pas encore bien assise et qu’elle risquait de vaciller. La présidence de Thiers puis celle de Mac-Mahon berça d’illusions de nombreux défenseurs du retour du Roi… L’abbé de Coustaussa et de Rennes les bains furent de ceux-ci.
La mort de Henri d’Artois, comte de Chambord frappa d’amertume tous les cœurs légitimistes et tout semblait perdu.
Il n’y avait plus qu’à se résigner, ils accueillirent leur nouveau collègue de Rennes le Château en 1885, puis… firent une découverte ! De quand date-t-elle ? On n’en sait rien mais elle rendre d’un seul coup leurs situations plus confortables bien que, bizzarement, cela ne semble pas évident : GELIS ne dépense rien et semble accumuler de l’argent… Pour ses vieux jours ? Peu probable ! Pour sa famille ? On sait bien bien que non !!! Pour une cause !!!!
Là, on touche le fond du problème : de nombreux historiens ont pensé à tort que les 3 curés de la région furent subventionnés par l’action royaliste… Qu’est ce que les monarchistes pouvaient bien faire de trois petits curés de campagne situés à 800 km de Paris dans une région remplie de mécréants ? Je pense plutôt que la subvention fonctionnait dans le sens contraire et quand on analyse le carnet d’adresse de l’abbé GELIS, on s’aperçoit que tous ses correspondants sans exception sont gagnés à la cause royaliste, dont l’un le fameux abbé.. Dépositaire de son argent est un trésorier de la cause. Gélis en était donc un financeur !
A partir de là tout s’explique. Vers 1897, tous les historiens le savent : la cause monarchiste est perdue, la République a non seulement gagné mais elle en train d’arracher des bras de l’Eglise la responsabilité de l’enseignement et elle marche à grand pas vers la séparation de l’Eglise et de l’Etat et la mise sous séquestre des biens de celle-ci… Que va faire GELIS ? ce bougre de vieux curé va-t-il tout donner et dans un élan généreux propre au suicidaire remettre tout le magot du Razés aux derniers carré de files… L’abbé SAUNIERE, 45 ans, des projets plein la tête, ne le supporte pas.
Avec BOUDET et peut-être quelques personnes dévoués et gagnés à « la cause » comme GELIS, SAUNIERE est le seul à connaître la provenance du "trésor". La famille ignore la richesse de GELIS, sinon, ils viendraient pas lui quémander 20 francs !
Le 1er novembre 1897, GELIS est donc assassiné… Et c’est quelques mois plus tard que SAUNIERE commença à acquérir des terrains pour créer sa propriété puis commencer les travaux d’une magnifique demeure.
Nous avons donc un personnage soldie et costaud, subtil et lettré [36] qui a donc un mobile, une parfaite connaissance de la victime, de l’endroit ou il habite et un enrichissement subit après le décès de cette même victime.
Cette affaire mystérieuse est en fait parfaitement crapuleuse… Après il n'y aura que de la littérature pleine d'imagination...
James Saint-Angel ( texte écrit en octobre 1983 )
[1] nuit entre le 31 octobre et le 1er novembre 1897
[2] « le courrier de l’Aude » est un journal radical socialiste anticlérical
[3] l’édition de LIMOUX à évoqué l’affaire la veille de l’édition de Carcassonne
[4] né le 11 avril 1852 et mort le 22 janvier 1917 d’une crise cardiaque
[5] Né le 17 novembre 1837 à Quillan, décédé le 30 mars 1915 d’un cancer de l’intestin
[6] Gaston Leroux, créateur du personnage de Rouletabille, s’intéressa à cette histoire et évoque les trois abbé du Razés au travers d’un court récit : la mansarde d’or.
[7] Visible aux archives départementales de l’Aude
[8] chapeau d’ecclésastique
[9] Il fallait remonter sa montre toutes les 24 heures
[10] Des marques de doigts ont été retrouvés sur le fauteuil
[11] Flaques qui s’étalèrent immédiatement
[12] Rien n’indique qu’il s’y était couché
[13] Auteurs de nombreux ouvrages notamment sur la chute de l’Empire Romain
[14] Françoise est la fille de la sœur aînée du curé
[15] Village situé au nord de Carcassonne
[16] Le nom n’a pas fait souche aux Etats-Unis
[17] Le Philoxéra a frappé le vignoble audois cette année là
[18] la fille du conservateur du musée de Carcassonne
[19] à moins de 10 kilomètres du village de Coustaussa à pied
[20] vers 19h00
[21] La lettre a été postée de Couiza, ville voisine
[22] Un certain Urbain S….
[23] Un ténor du barreau de Montpellier
[24] Ce mot n’est pas de l’écriture de Joseph PAGES
[25] la maison fut fouillée de façon méticuleuse, rez-de-chaussée et étage compris…
[26] en respect de l'Organisation des Cultes depuis Bonaparte ( loi du 8 germinal an X ) et toujours en vigueur en 1897 !
[27] soit un peu plus de 1650 € de 2006
[28] déclaration au Juge d’instruction en octobre 1897
[29] Soit 38 jours avant le crime
[30] Soit un peu plus de 8000 € de 2006 économisé en 3 ans
[31] Soit un peu plus de 30.000 € de 2006
[32 ] L'encyclique Rerum Novarum (La soif d'innovations), publiée le 15 mai 1891 par le pape Léon XIII, est le texte définissant la doctrine sociale de l'Église catholique.Écrite face à la montée de la question sociale, l'encyclique condamne « la misère et la pauvreté qui pèsent injustement sur la majeure partie de la classe ouvrière » tout autant que le « socialisme athée ». Elle dénonce également les excès du capitalisme et encourage de ce fait le syndicalisme chrétien et le catholicisme social.
[33] Paroisse de Duran et d’Alet
[34] Bien qu’il soit né dans les Landes.
[35] Il est professeur au séminaire de Narbonne mais suite à des problèmes disciplinaires avec sa hiérarchie, il est rétrogradé et nommé à Rennes le Château, le 1er juin 1885
[36] Le crime comme nous l'avons demande une certaine force physqiue alliée à une grande intelligence
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Re:Rennes le Château, un mystère ?
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Merci pour ce recit .
Cette histoire de l abbe je ne la connaisais pas: la plus connue etant celle de l abbe SAUNIERE!
D ailleurs je m en etonne car la plus mysterieuse et fantastique et bien la votre.
J e sais que l abbe Sauniere voulant se confesser a l ultime heure ,le cure present n a pas voulu l absoudre de ses fautes et s est enfui horrifie..... ceci explique peut etre cela |
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Re:Rennes le Château, un mystère ?
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Effectivement le mystère de l'abbé est peut-être moins diabolique qu'on pourrait le croire.
Cependant mon récit ne reste et j'insiste, qu'une hypothèse : de toute façon il y a longtemps que les faits sont prescrits...
James Saint-Angel |
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Re:Rennes le Château, un mystère ?
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L'affaire crapuleuse me semble plus cohérente que la piste mystique ou ... mérovingienne.
Du moins tant qu'on ne trouvera pas un témoignage de première main qui l'infirmerait. |
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Re:Rennes le Château, un mystère ?
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Vraiment passionant, au regard du récit en effet le crime crapuleux semble être le plus probable.
Mais si vous avez d'autres histoires aussi passionante que celle ci n'hésitez surtout pas! |
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Re:Rennes le Château, un mystère ?
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| MR SAINT ANGEL: je pensais bien que vous auriez un grand succés avec votre récit passionnant . J 'appuie le précédent message de Charly demandant d autres Mystères de L Histoire Je suis persuadée que vous éclairerez nos esprits..(Raconté a votre facon et avec vos mots c'est instructif et ludique)ex: L affaire Callas...le masque de Fer(je suis certaine que vous devez avoir votre idée ) l affaire Fouquet ...Le chevalier d Eon...merci |
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A +
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Je vous remercie mais je serais absent pour un certain temps et à l'endroit où je serais, je n'aurais aucun moyen de communiquer ( ah ce n'est pas le bout du monde, c'est l'hopital neuro chir de Lyon ! )
Peut-être à bientôt, ce n'est pas moi qui décide !
James Saint-angel |
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A+
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MR JAMES ST ANGEL.
Je suis vraiment affligée d apprendre votre hospitalisation et de ne pouvoir communiquer avec vous.
Je vous souhaite un trés bon courage et surtout un trés grand moral
.Je pense bien a vous
.A tres bientot je l espère tres vite.
PELAGIE |
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Re:Rennes le Château, un mystère ?
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| Je vous souhaite un prompt rétablissment ! |
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